Prévenir les tendinites quand on fait du sport

Elle s'annonce par un murmure : un tiraillement au coude, une raideur à l'épaule qu'on balaie d'un haussement d'épaules. Puis le murmure devient cri, et chaque mouvement rappelle qu'on n'a pas su l'écouter à temps. La tendinite est patiente — apprenons à l'être davantage.

La tendinite est l’ennemie sournoise du sportif assidu. Elle ne prévient pas, ou si peu : une gêne discrète à l’épaule, un tiraillement au coude, une raideur au genou qui s’installe et finit par gâcher chaque séance. Contrairement à une déchirure brutale, elle s’invite progressivement, fruit de microtraumatismes répétés sur un tendon trop sollicité. La bonne nouvelle ? Dans l’immense majorité des cas, elle est évitable. Comprendre pourquoi les tendons souffrent est la première étape pour ne plus jamais en arriver là.

Pourquoi les tendons finissent par souffrir #

Le tendon est ce tissu fibreux qui relie le muscle à l’os et transmet la force du mouvement. Robuste mais peu vascularisé, il se régénère lentement — bien plus lentement que le muscle. C’est précisément ce décalage qui pose problème : quand vous augmentez vos charges ou votre volume d’entraînement, vos muscles s’adaptent en quelques semaines, mais vos tendons, eux, prennent du retard.

La cause numéro un de la tendinite est donc une progression trop rapide. Ajouter trop de poids, multiplier les répétitions ou enchaîner les séances sans laisser le temps aux tissus de se renforcer crée une surcharge mécanique. À cela s’ajoutent une technique défaillante qui concentre les contraintes sur une zone précise, et un échauffement bâclé qui laisse les tendons « à froid » au moment de l’effort.

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La règle d’or : progresser de 5 à 10 % par semaine #

Si vous ne deviez retenir qu’un principe, ce serait celui-ci : n’augmentez jamais votre charge de travail de plus de 5 à 10 % par semaine. Que vous parliez de kilos sur la barre, de kilomètres parcourus ou de nombre de séries, cette marge laisse à vos tendons le temps de s’adapter sans craquer.

Concrètement, si vous soulevez 40 kg au développé couché cette semaine, ne visez pas 50 kg la semaine prochaine, mais plutôt 42 ou 44 kg. Cette patience peut frustrer les plus impatients, mais elle est le prix d’une pratique durable. La précipitation, en revanche, mène droit à plusieurs semaines d’arrêt forcé. Cette logique vaut tout particulièrement quand on recommence après une interruption : notre guide pour reprendre le sport après une longue pause sans se blesser détaille comment doser cette remontée en charge.

Les zones les plus exposées #

Certaines articulations concentrent la majorité des tendinites chez les sportifs. L’épaule arrive en tête, notamment chez les adeptes du développé couché et des mouvements au-dessus de la tête : la coiffe des rotateurs y est particulièrement vulnérable. Un déséquilibre entre muscles pousseurs et tireurs aggrave souvent le problème.

Le coude n’est pas en reste, avec les fameuses épicondylites — le « tennis elbow » et le « golfer’s elbow » — qui touchent aussi les pratiquants de musculation lors des tractions ou des curls mal exécutés. Le genou, enfin, paie le prix des squats profonds répétés et des impacts en course à pied, avec une tendinite rotulienne fréquente chez les coureurs et les sauteurs.

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Pour chacune de ces zones, le renforcement des muscles environnants joue un rôle protecteur majeur. Un travail spécifique et progressif de la chaîne musculaire répartit mieux les contraintes et soulage les tendons — une logique que l’on retrouve dans le renforcement musculaire pour préparer ses jambes.

Échauffement et récupération : vos meilleurs boucliers #

Aucun tendon ne devrait être sollicité à froid. Un échauffement de cinq à dix minutes, combinant cardio léger et mobilisations articulaires, augmente la température des tissus et améliore leur élasticité. Pour les exercices lourds, ajoutez systématiquement des séries d’approche à charge croissante : elles préparent spécifiquement l’articulation au mouvement à venir.

La récupération est l’autre pilier trop souvent négligé. Vos tendons se renforcent pendant le repos, pas pendant l’effort. Accordez au moins 48 heures avant de retravailler intensément un même groupe musculaire, dormez suffisamment et soignez votre alimentation : un apport protéique adéquat et une bonne hydratation soutiennent directement la santé des tissus conjonctifs.

Quand faut-il consulter ? #

Une gêne légère qui disparaît à l’échauffement et ne revient pas peut souvent être gérée par un simple ajustement de charge et un peu de repos. En revanche, certains signaux doivent vous alerter. Une douleur qui persiste plus de quelques jours, qui réapparaît dès le début de chaque séance, ou qui s’accompagne d’un gonflement et d’une raideur au réveil mérite l’avis d’un professionnel de santé.

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Ne tombez pas dans le piège de « pousser malgré la douleur ». Une tendinite ignorée peut évoluer vers une tendinopathie chronique, bien plus longue à soigner. Un médecin du sport ou un kinésithérapeute saura poser le bon diagnostic et vous proposer un protocole de renforcement excentrique, particulièrement efficace sur les tendons fragilisés. Écouter son corps, progresser avec patience et respecter ses temps de repos : voilà la formule simple qui vous gardera loin des salles d’attente et près de vos objectifs.

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